Ban d'Ouffet : Différence entre versions

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Version actuelle en date du 22 mai 2020 à 20:15

Extraits du livre "Sur les traces des anciens {pays} de Wallonie".

Ouffet ancienne Cour de Justice du ban et construite pour la première fois par le Prince Evèque Henri de Leez. Détruite à deux reprises, elle fut chaque fois reconstruite et encore mentionnée en service au XVIe siècle

Henri II de Leez, mort le 4 septembre 1164, fut prince-évêque de Liège de 1145 à 1164. Il rénova le palais des princes-évêques de Liège élevé par Notger. Il consacra le 26 avril 1164, l'antipape Pascal III.

Il était Gibelins. Il fut nommé par l'empereur Frédéric Ier dit Barberousse podestat ou gouverneur de Milan en 1162. Il est l'auteur de nombreuses chartes.

Le Palais des Princes-Evêques de Liège

* D'après les recherches effectuées par Ferdinand Braquet et Jean Louis Prévot.

L'ancien ban d'Ouffet, dont une des premières mentions remonte à 1096, était constitué des villages d'Ellemelle, Ouffet et Warzée relevant directement de la Cathédrale Saint Lambert de Liège qui semble l'avoir reçu par donation avant 1155. Au fil du temps les seigneuries de Lizen ou Lizin, Xhenceval, Crossée, Himpe ou Himbe et Odeigne ont été adjointes au dit ban.

Dès le Xème siècle, le chapitre de Saint-Martin à Liège reçoit de son fondateur, l'évêque de Liège Eracle (959-971) l'église d'Ouffet "ecclesiam in Olfeio ou Olfeis" dédiée à Saint-Médart.

Hugues de Pierrepont, Prince Evêque de Liège (1200-1229) confirme l'incorporation de l'église d'Ouffet au chapitre Saint-Martin en 1222.

Le chapitre a alors tous les pouvoirs pour d'abord, percevoir les revenus de l'Eglise d'Ouffet et ensuite nommer le curé. Cette situation durera jusqu'à la fin du XVIIIème siècle époque de la révolution française.

La Cathédrale et le Palais des Princes-Evêques

A l'époque où l'Eglise possède un pouvoir temporel (en temps que souveraine de ses territoires) sur l'ensemble de l'Europe, le village d'Ouffet ne fait pas exception. Toutefois, si l'église dépend directement du chapitre Saint- Martin, le village relève immédiatement de la Cathédrale Saint Lambert de Liège, l'ayant reçu, semble t-il, par donation du comte Albert de Namur et de sa femme Rolenza avant 1155.

La mense épiscopale, institution dont les revenus sont attribués à l'évêque, a la haute autorité sur ce village du pays de Liège et de la Principauté. Jusqu'au XIIIème siècle elle chargera des avoués d'administrer le village. L'avoué était le titulaire d'une charge d'avouerie. L'avouerie a été instituée à l'époque carolingienne quand les grands domaines ecclésiastiques se sont formés et avait en charge la protection et la représentation juridique de l'institution. Cette charge a été supprimée en 1970.

Par la suite, l'administration des trois villages, Ellemelle - Ouffet - Warzée, dépendra de la Haute Cour de Justice dont les membres sont nommés par le Prince Evêque.

Le Ban d'Ouffet n'a donc jamais été administré par un seigneur, quand bien même le village fût-il pourvu de plusieurs seigneuries. Les seigneurs n'avaient pas de privilèges par rapport au village. Ils payaient la taille comme les manants et dépendaient directement du Prince Evêque. Toutefois la seigneurie d'Odeigne relevait de l'abbaye de Stavelot. Si vous êtes curieux, vous pourrez encore voir au "tîdje di Fêron" (Tige de Fairon) pas moins de quatre bornes séparant le territoire d'Ouffet (OF) du domaine d'Odeigne (OD).

La Cour de Justice et l'Eglise de Liège attribuèrent une série de privilèges aux manants, confirmés dès 1634. En 1693 les habitants purent même élire deux « bourguemaîtres » chargés d'administrer le village en lieu et place de la Cour de Justice.

Village du pays de Liège, Ouffet subit les multiples vicissitudes de la Principauté. Ainsi le conflit des Awans et des Waroux eut des conséquences dramatiques pour le village. En 1314 les Hutois, furieux contre le Prince Evêque Adolphe de La Marck qui avait sans eux conclu une trêve avec les Waroux, se rendent à Ouffet pour s'emparer du château (place forte actuellement la Tour de Justice) où séjournaient des troupes du Prince. Echouant dans leurs manoeuvres, ivres de rage, ils pillent et incendient le village et à leur retour vers Huy s'emparent des biens que le Prince possédait à Warzée.

Au XVIème siècle les guerres de religions laissent aussi des traces sanglantes. En 1568, les troupes de Guillaume d'Orange, calviniste, arrivent à Ouffet, pillent les maisons et l'église.

Le XVIIème siècle n'est pas plus pacifique. Le village est dévasté en 1635, 1636, 1637. Vers 1695 les guerres de Louis XIV accablent encore les villageois.

Mais le mal ne vient pas uniquement de l'extérieur. C'est aussi le siècle des procès de sorcellerie. A Ouffet plusieurs procès eurent lieu. Ces faits véridiques seront exposés dans un prochain chapitre.

La Révolution française a lieu et à sa suite, la même année 1789, les Liègeois, toujours progressistes, se révoltent contre l'autorité du Prince-Evêque.

La France, elle, entre en bataille avec ses voisins, notamment les autrichiens. En 1792, Ouffet voit réquisitionner ses chevaux, ses chariots, ses foins par l'armée française. Les autrichiens occupent le village de mars 1793 à septembre 1794.

Les Liégeois poursuivent toutefois leur révolution. Après plusieurs rebondissements le dernier Prince-Evêque est exilé et la Principauté disparaît en 1795.

Les Liégeois instaurent les premières élections au suffrage universel (uniquement les hommes de plus de 18 ans). Le vote n'est pas obligatoire mais les Liégeois votent en masse pour le rattachement à la France. En 1795 le pays de Liège passe sous autorité française avec ses mairies et ses maires gérant les villages. Malheureusement la dite autorité n'empêche en rien les conflits et le village d'Ouffet va subir encore bien des drames.

Toujours en 1795 le département de l'Ourthe est créé scindant en communes autonomes Ellemelle, Ouffet et Warzée.

Après le règne napoléonien, en 1815 les états de Belgique sont réunis aux Pays-Bas méridionaux ne formant qu'un seul royaume (Royaume des Pays-Bas). Il sera confié à Guillaume 1er d'Orange Nassau.

Ouffet village de Belgique.

Le XIXème siècle voit la création du Royaume de Belgique en 1830 et la division du territoire en provinces. Ouffet s'intègre tout naturellement à la province de Liège. Dès lors le village participe à l'histoire nationale.

A la fin du siècle commence à se développer l'industrie de la pierre dont l'apogée se situe dans la première moitié du XXème siècle. Ouffet sera connu internationalement pour la qualité de ses carrières. Mais là aussi c'est une autre histoire à raconter.

Ouffet affrontera, comme tout le pays et tant d'autres, les deux conflits mondiaux de 1914-1918 et de 1940-1945.

Pour être complet dans cet aperçu historique, signalons les deux modifications administratives importantes de la seconde moitié du XXème siècle, à savoir, la fusion des communes d'Ouffet, Warzée et Ellemelle (A.R et loi de 1976 effective le 1/1/1977) recollant par ce fait au début de notre histoire et la création de la Région wallonne et de la Communauté française.


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